Agefi, Repères, 26 août 1999
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Le volume du commerce électronique entre
industriels va être multiplié par cinq d'ici l'année 2003
Internet s'avère être une mine
d'or pour les industriels
Les industriels ayant fait le pas vers le commerce électronique sont comblés, tout
comme leurs clients. Comment ont-ils réussi?
Jean-Christophe Zwick (associé de CatalyzNet, Genève)
Le meilleur moyen de faire de bons profits sur Internet est de ne pas vendre aux
consommateurs! Les plus gros succès sur le Web sont souvent le fait d'industriels, comme
Cisco, évoqué dans un précédent article (Agefi, 15 juillet 1999). L'institut
américain Forrester Research a estimé pour 1998 le volume du e-commerce industriel à 43
milliards US$, alors que le grand public n'a dépensé que 8 milliards US$ on-line. Et
pour 2003, les projections sont respectivement de 1300 et 110 milliards US$.
Pour Robert Colangelo, vice-président de Bausch & Lomb, la clé du succès est
simple: il suffit de répondre aux deux questions "Qui sont nos clients?
Qu'attendent-ils de nous?". C'est exactement ainsi que cette société, active dans
le secteur des produits ophtalmologiques, a conçu la prochaine refonte de sa présence
sur la toile mondiale.
Cette approche "client-centrique", qui fait
du client la principale valeur ajoutée, a imposé quelques réformes de fond, comme
l'intégration des technologies de l'information dans la stratégie d'entreprise, ou
l'abandon d'une conception du site par divisions au profit d'une segmentation selon le
type de client. Tout naturellement, une telle approche va mettre l'accent sur le service
à la clientèle, un service de qualité obéissant au principe "Je vous connais, je
me souviens de vous."
Outre l'attention portée au client, la conception d'un bon site
passe par une importante phase de réflexion et d'observation, le benchmarking et
l'étude de ce que fait la concurrence y tenant une bonne place. Il convient également de
tenir compte de l'infrastructure technique existante, une refonte totale pouvant avoir un
effet dévastateur sur les coûts de réalisation
et les chances de succès. Enfin,
il est essentiel de se focaliser sur la facilitation de la relation avec les clients, par
exemple en utilisant des outils d'automatisation des réponses par e-mail.
Bausch & Lomb a défini 3 types de cibles pour son prochain site:
les consommateurs, les pharmaciens et les médecins, ces deux derniers étant des
distributeurs et des prescripteurs, et non des clients au sens strict du terme. Cette
segmentation donnera un site organisé en deux parties principales : la première,
destinée aux consommateurs finaux, construite autour d'un site de commerce électronique,
la seconde étant plus technique et informative à l'usage des professionnels. Si la zone
réservée au grand public sera très conviviale, en personnalisant en
fonction du pays, de la langue, des produits et même du client, et
en mettant l'accent sur les informations pratiques et les conseils d'utilisation grâce à
l'utilisation de clips vidéo, la partie à l'usage des professionnels de la santé
contiendra principalement des articles scientifiques et des informations techniques sur
les produits.
La compréhension du secteur d'activité et de ses clients, avec
leurs attentes et désirs, est la base du succès de la conception d'un site
"business to business". En revanche, il convient d'oublier la structure
organisationnelle existante si elle n'est pas construite autour du client. Plus que du
"reengineering", il faut se placer dans une logique de réinvention de son
activité. L'implication du management est cruciale, tout comme la rapidité d'exécution
du projet, ce qui fera préférer l'utilisation de produits existants plutôt que
développer des solutions sur mesure pour les éléments non stratégiques. Enfin, le
nouveau site devra être testé et testé, avec l'aide de panels de clients.
Sur la route du succès, des risques subsistent, mais "votre
principal concurrent peut être votre propre organisation" avertit Robert Colangelo,
une bonne raison pour impliquer le plus tôt possible la direction de l'entreprise.
D'aucuns prédisent que le commerce électronique annonce la fin des
intermédiaires. Cet exemple montre que, dans une industrie où ce n'est pas le
consommateur qui fait le choix du produit, mais un professionnel qualifié, un partenariat
mutuellement profitable entre industriels et distributeurs vaut la peine d'être
développé.
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