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| le marketing ne permet pas de vendre un produit souffreteux. Boo.com a réalisé de coûteuses campagne d'image et de publicité, alors que le produit n'était pas encore utilisable. | |
| les clients n'apprécient pas que les promesses faites ne soient pas tenues. Le produit vanté comme le plus innovateur s'est révélé un himalaya de complexité pour l'utilisateur moyen. | |
| la technologie seule n'assure pas le succès, encore moins si elle n'est pas adaptée aux attentes des utilisateurs. S'il est plus compliqué et moins sûr d'acheter sur Internet, les chalands se tourneront vers les circuits traditionnels. |
Dans les cinq premières années d'existence, la moitié environ des entreprises disparaissent. Cette règle est quasiment immuable, même pour des entreprises choisies comme étant plus prometteuses que leurs jeunes homologues. En effectuant le suivi des sociétés lauréates de son prix pour les jeunes entreprises, la Fondation de Vigier a constaté que le quart de celles-ci avait disparu et qu'un autre quart se bat pour sa survie. L'autre moitié se répartit équitablement entre organisations profitables et "bientôt" profitables.
"Les dotcoms sont plus performantes, car le taux d'échec est bien plus bas" direz-vous avec raison. Il y a plusieurs explications à cela:
| la majorité des dotcoms a un ou deux ans d'existence. Ce n'est pas toujours suffisant pour expérimenter les affres du manque de liquidités. | |
| jusqu'à ces derniers mois, chaque "tour de table" supplémentaire permettait de "financer la croissance afin d'atteindre la masse critique nécessaire à la rentabilité", et accessoirement combler le déficit de liquidités. | |
| le taux d'échec des dotcoms est faible. Cette explication pourrait sembler tautologique. En fait, la nouveauté de ce type d'entreprise fait qu'on n'a que peu d'expérience. On parle donc abondamment des succès et ne retient que cette image de performance. On a donc une approche enthousiaste ("overenthusiatic" pour des anglo-saxons). Et pourquoi en aurait-on une autre, puisque la nouvelle économie a découvert ce que l'humain n'a jamais réussi: l'immortalité? |
Les disparitions et regroupements observés actuellement ne sont qu'une étape normale, bienvenue et saine. Elle va permettre d'épurer le marché en éliminant les entreprises créées que pour l'enrichissement de leurs fondateurs, ainsi que celles ne présentant aucune originalité (les "me-too"). La mortalité promet d'être sévère dans le business-to-consumer, peu de dotcoms créées à la hâte répondant aux attentes des consommateurs. A l'inverse, le marché du business-to-business va continuer de couler des jours heureux, car ses acteurs répondent souvent à des besoins forts des industriels, qui ne pouvaient être satisfaits autrement. Et n'est-ce pas là la clé de tout succès, même dans l'ancienne économie ?
| Last updated : 09 June 2007 |