Agefi, Repères, 20 juin 2002
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Les relations avec le client sont souvent le point faible des
entreprises
Faites-vous subir des incivilités
à vos clients?
Alors que le "customer relationship management" devient le
dernier concept à la mode, il est judicieux de se poser la question de ses propres
relations avec les clients.
Jean-Christophe Zwick (associé de CatalyzNet, Genève)
En abordant le thème des incivilités commises par les
entreprises, suggère-t-on qu'elles ont assimilé les manières des petits délinquants de
banlieue? Rassurez-vous: les sauvageons chers à un ex-ministre français n'ont pas
troqué le survêt' Adidas pour un costume trois pièces Dormeuil. Pas plus que nos
capitaines d'industrie vont vous suggérer d'aller faire subir à Madame votre Mère des
outrages que la morale réprouve.
Les actes des entreprises sont moins violents, moins
évidents, mais tout aussi frustrants et agaçants pour leurs clients. Il en existe
plusieurs catégories, qui sont exposées ci-dessous par ordre croissant de gravité.
Les défauts de communication sont les plus
fréquents, mais aussi les plus faciles à corriger. Par exemple, l'annonce sur
le quai de gare que "pour des raisons d'organisation" le train n'ira pas à sa
destination finale, mais s'arrêtera en cours de route. Aucune mention des correspondances
éventuelles, ni sur le quai, ni dans le train! En outre, la justification donnée
suggère que la décision a été prise pour le seul confort des CFF au détriment des
clients. Cette erreur de communication est d'autant plus regrettable que la décision a en
fait été prise pour le bien des voyageurs: le train prévu étant en retard et ne
permettant pas d'assurer les correspondances, un train supplémentaire avait été mis en
service. Une communication transparente aurait permis d'éviter que les voyageurs se
sentent sacrifiés sur l'autel de "l'organisation", et qu'ils se soient même
reconnaissants de cette marque de respect.
La fausse promesse (ou le mensonge) est
le fait de faire croire au client qu'une décision a été prise pour son bien, alors que
la seule bénéficiaire est l'entreprise. C'est la méthode qui a été appliquée par les
opérateurs téléphoniques avec l'introduction du tarif unique: pour que la facture du
client diminue réellement, il faut qu'il réalise plus de la moitié de son temps de
conversation en communications interurbaines, alors que ceci n'est généralement pas le
cas. Sunrise a été encore plus loin dans l'art de la dissimulation: en remplaçant la
durée minimale de 20 secondes par une taxe "de raccordement" fixe, elle a
multiplié par 3 le coût de certaines communications de courte durée!
Les refus de service se produisent
lorsqu'un service promis ou légalement obligatoire est évité, sous divers prétextes,
parfois de manière ostensiblement dilatoire. Cette incivilité est généralement
accompagnée de la phrase définitive "C'est la première fois que nous entendons
parler de ce problème". Elle peut être coûteuse pour l'entreprise sauvageonne:
Manor a retiré de ses rayons bon nombre de portables Nokia, aussi bien en raison d'un
taux de retour pour panne impressionnant (de l'ordre de 30% pour toute la gamme, 70% pour
le 8210 1, que parce que le distributeur a dû acquitter de sa
poche les frais de réparation facturés par Nokia malgré la garantie!
Le déni de responsabilité est la forme la plus
aboutie, mais aussi la plus perverse, d'incivilité. A les croire, certaines
entreprises sont la cible de marabouts mal intentionnés: les erreurs qu'ils commettent ne
sont jamais de leur responsabilité, quand ce n'est pas simplement le client
(naturellement malhonnête) qui essaie de les tromper en leur prouvant qu'ils sont
fautifs. Celui qui a subi - et tenté de faire cesser - des doubles facturations de
Swisscom a fait l'expérience de ce type d'agressivité.
Pourquoi les entreprises utilisent-elles ces
mauvaises manières? Simplement car leur intérêt prime sur celui de leurs
clients, que ceux-ci n'ont pas d'importance à leurs yeux. Ces sociétés ne conçoivent
le marketing que comme un moyen de propagande (comme on disait dans les années 30).
Le respect du client, la volonté de créer une réelle
relation de confiance est toujours payante. Le service fourni par Orange est
généralement perçu comme étant de bonne qualité. Les cartes d'anniversaire envoyées
à leurs clients, ainsi que la consultation périodique de ceux-ci pour déceler les
améliorations potentielles, n'y sont probablement pas étrangères.
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Dans le prochain article
(18 juillet), un test vous permettra de savoir si votre entreprise est sauvageonne!
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Note :
1 Source: "A
Bon Entendeur", TSR1, 14 mai 2002. Cliquez
ici pour visualiser le sujet (Attention: ne fonctionne pas avec
Netscape - Merci la TSR :-) - et nécessite RealPlayer )
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